Ancien Vélo d'Or Junior, médaillé de bronze aux Championnats du Monde juniors, vainqueur des Jeux Méditerranéens, Mathieu Perget se sent en progrès au terme de sa deuxième saison chez les pros.
Aux deux tiers de votre contrat avec la Caisse d'Epargne, quels enseignements tirez-vous ?
Ma première année chez les pros a été dure, mais c'est légitime. Je débarquais dans une grosse équipe, l'une des meilleures mondiales. Il me fallait apprendre. C'était une totale découverte. J'ai senti lors de ma deuxième saison, en 2007, que j'avais pris du volume. J'étais beaucoup mieux. J'ai pu faire une échappée sur la fin du Giro, mon premier Grand Tour, qui m'a donné de la force. J'ai même tenté de sortir dans le final d'une étape du Tour de Pologne. J'ai progressé cette année, c'est net : je subis moins en course. Quand l'équipe me demande de rouler aussi maintenant, je peux le faire pendant un bon moment. J'ai bien progressé.
On sent que vous êtes "couvé" dans cette équipe ?
C'est évident. Mes dirigeants me font un programme équilibré. Ils ne me "crament" pas. Je fais mon métier sérieusement de mon côté. Je vais bien bosser cet hiver, afin de débuter encore mieux la saison 2008. J'aurais un an de plus l'an prochain, déjà une petite expérience derrière moi. L'équipe accueille de plus en plus de coureurs français. On était quatre en 2006, cinq cette année et on sera six l'an prochain. Ce qui est bien pour moi, c'est que Fabien Patanchon arrive au sein de notre équipe. Il est du même âge que moi et je m'entends bien avec lui. J'ai fait mes deux premières saisons avec Nico Portal et Florent Brard, ce sont deux super coureurs, deux super mecs qui n'hésitent jamais à donner des conseils, aider les plus jeunes, mais pour un coureur moins âgé qu'eux, c'est toujours bien d'avoir au sein d'une équipe un autre coureur de sa génération.
Comment va s'articuler dans les grandes lignes votre saison 2008 ?
On va reprendre avec l'équipe au mois de décembre par le traditionnel stage de Pampelune. Je ne connais pas encore mon programme dans les grandes lignes, mais je sais que nous devrions courir plus souvent en France. Cela me ravit, car je fais mon petit bonhomme de chemin dans une équipe espagnole, mais personne ne le remarque. Le fait d'avoir un programme français va me permettre, comme aux autres français de l'équipe, de pouvoir jouer quelques petits coups à fond sur les épreuves de notre pays. On fait du boulot à la Caisse d'Epargne mais cela ne se voit pas car on bosse pas mal pour nos leaders. Regardez un gars comme Arroyo, c'est un super coureur qui pourrait faire de belles choses dans certaines équipes, mais chez nous il bosse pour ses leaders !
Comment allez-vous occuper votre hiver ?
Je vais faire un peu de VTT, mais aussi du cyclo-cross. Cela permet de rester en condition, de faire un peu de rythme, de bosser en s'amusant et en plus dans une bonne ambiance. On rigole bien en VTT et dans les cross. C'est un esprit qui me plaît.
La rétribution du maillot jaune à Oscar Perreiro, vous en pensez quoi ?
C'est bien, mais ce qui est dommage c'est qu'Oscar n'ait pas pu vivre sa victoire en direct en 2006 sur les Champs-Elysées. C'est un peu du gâchis tout cela. Ce n'est pas la faute d'ASO, pas la faute d'Oscar, mais Perreiro a été privé de ce moment de fête extraordinaire, qui est de pouvoir remonter les Champs avec le maillot jaune sur le dos, se présenter ainsi habillé sur le podium d'arrivée face à la foule. Perreiro en plus est un super mec. Il ne se prend pas pour un autre. Il a gagné certes le Tour, mais a su aussi rester simple. Il continue à rigoler avec nous. Il n'a pas changé. Ce succès sur le Tour 2006 ne lui a pas fait tourner la tête.
Source : velomagazine